(A.P.Hawzah) -Le mois de l’hospitalité divine constitue une occasion unique de renouveau intérieur et d’exercice des vertus morales. Dans le dossier spécial « Leçons d’éthique », consacré à l’auto-perfectionnement, à la maîtrise de l’âme et aux enseignements pratiques de la morale, que nous présentons à vous, érudits avec les paroles de l’ayatollah Seyyed Rahim Tavakkol, professeur d’éthique au séminaire religieux et spécialiste des questions morales.
Troisième séance
Un point essentiel mérite d’être souligné : lorsque les actes de l’être humain sont déterminants, ils deviennent également le seul critère d’évaluation.
L’homme est jugé à l’aune de ses actions, et le regard divin se porte sur lui en fonction de son comportement. C’est également sur cette base que s’opère le traitement qui lui est réservé.
Pour éclairer cette réalité, considérons un exemple. Parmi les prophètes divins, cinq occupent un rang éminent et sont connus comme les prophètes « doués de résolution » (Ulul ‘Azm).
Le premier d’entre eux est le prophète Noé — paix sur lui —, une figure d’une immense dignité auprès de Dieu. Pourtant, son propre fils, en raison de mauvaises fréquentations, s’écarte du droit chemin. Il refuse de suivre la voie de son père et ne respecte ni son rang ni sa mission.
Ainsi, lors du déluge de Noé, il est traité avec fermeté : il périt noyé et ne fait pas partie des sauvés.
Cet épisode illustre clairement que les liens familiaux et la noblesse d’un père ne sauraient se substituer aux actes individuels.
Le père est un prophète éminent et honoré, mais puisque le fils a choisi une voie erronée et n’a pas observé la conduite attendue devant Dieu, il a été jugé selon ses propres actes. Telle est la loi divine.
Dans un récit remarquable de l’imam Ja‘far al-Sadiq (as), un interlocuteur lui demande : « Ô fils du Messager de Dieu, tous les imams sont véridiques ; pourquoi êtes-vous, vous seul, connu sous le nom de Ja‘far al-Sadiq (le véridique) ? »
L’imam répond : « Dans ma descendance naîtra un homme nommé Ja‘far, qui sera connu comme le “menteur”. C’est pour cette raison que l’on m’a donné le titre de “véridique”, afin de marquer la distinction et le désaveu vis-à-vis de lui. »
Qui était cet homme ? Il s’agit du fils de l’imam al-Hadi (as) et du frère de l’imam Hasan al-‘Askari (as). Malgré la présence de trois preuves divines à ses côtés, le critère divin ne repose ni sur les liens familiaux ni sur la position héréditaire.
Avant même la naissance de certains de ces nobles imams, il avait été annoncé que cet individu ne faisait pas partie des leurs, qu’il fallait s’en éloigner et ne pas le suivre. Bien que trois grandes figures divines aient été présentes dans son entourage, le critère reste la personne elle-même et ses actes — non ses affiliations.
Ainsi, l’être humain devient digne lorsque ses actes sont porteurs de dignité, et il sombre dans l’abaissement lorsque ses actes l’y conduisent.
En définitive, ce monde est le lieu de l’action, mais aussi celui de la dignité et de l’humiliation — lesquelles découlent directement des choix et du comportement de chacun.




Votre commentaire